8 freins à la carrière des femmes

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Différences de salaires, plafond de verre, manque de présence féminine aux plus hauts postes de direction, discrimination à l’embauche : l’égalité homme-femme est encore loin d’être la règle dans le monde du travail. Qu’est-il possible de faire en tant que femme, au niveau individuel et au quotidien, pour changer la donne ? À mon avis, savoir construire et entretenir un réseau professionnel solide est l’un des facteurs de réussite les plus décisifs. C’est pourquoi je saisis toutes les occasions d’élargir mes horizons.

Dans cette optique, j’ai assisté récemment à un événement organisé par la chambre de commerce de Cologne (IHK KÖLN). Il s’agissait de la 5e édition de la journée de la femme active « Frauen Business Tag ». Le public visé était, d’une part, les femmes actives souhaitant progresser dans leur carrière et bâtir leur réseau. D’autre part, les femmes souhaitant créer leur propre entreprise étaient également visées. Il y avait donc des stands avec des réseaux féminins, des initiatives d’aide à l’entreprenariat, mais surtout un programme de conférences dédié aux participantes.

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La conférence de Dr. Martina Mronga, coach pour femmes souhaitant avancer dans leur carrière et auteur sur le blog germanophone « Aufstiegskompetenz »,  a été la plus enrichissante pour moi. Loin des clichés et des stéréotypes, selon lesquels la femme ne peut pas faire carrière à cause des enfants, du manque de structures pour les accueillir ou encore du manque de volonté de leurs conjoints de participer aux tâches ménagères, la conférencière a présenté à l’aide d’exemples les vraies raisons pour lesquelles les femmes n’arrivent pas à faire carrière. Et bien sûr, elle a aussi donné des astuces pour surmonter ces difficultés.  Je partage avec vous ce que j’ai appris. Dites-moi en commentaires avec quels points vous êtes d’accord ou non !

#1 Les femmes ont tendance à se sous-estimer

Ce serait le plus gros problème des femmes qui échouent au cours de leur première année à un poste de management. En comparaison, la cause d’échec masculine principale tiendrait au fait que les hommes surestiment leurs capacités. Les femmes présentes dans l’assistance ont été encouragées à porter un regard réaliste sur elles-mêmes et à accepter le fait qu’elles sont bien plus compétentes qu’elles ne le pensent.

#2 Les femmes ont appris à être effacées

Les femmes manquent de confiance en elles, rien de nouveau me direz-vous. Ce qui est intéressant, c’est de comprendre pourquoi les femmes manquent plus de confiance en elles que les hommes.

Cela proviendrait de l’éducation et de l’environnement dans lequel les filles et les garçons évoluent depuis leur plus jeune âge. On apprend aux petites filles à être sages et à ne pas se faire remarquer. Leurs parents et leur entourage témoignent leur approbation aux jeunes filles lorsque celles-ci se font discrètes. Elles apprennent donc à être effacées pour plaire.

#3 Les femmes sont perfectionnistes

L’oratrice a lancé cette phrase un peu provocatrice lors de son exposé :

« Le perfectionnisme, ce n’est pas professionnel ».

Les femmes ont tendance à vouloir effectuer un travail de qualité jusque dans le moindre détail, sans aucune erreur, parfait. Cela signifie qu’elles vont passer beaucoup plus de temps sur un dossier qu’une personne qui s’attachera à traiter les points essentiels sans rentrer dans les détails ou sans parfaire la mise en page. Dans un environnement hautement compétitif, avec une forte charge de travail, l’employé qui abat le plus de dossiers sera mieux évalué, même en commettant une erreur de temps en temps. Les femmes devraient donc se détacher de leur tendance au perfectionnisme.

#4 Les femmes ont un style de travail plus interne qu’externe

« On ne fait pas carrière assise derrière un bureau ».

Voici une autre phrase entendue lors de cette conférence.

heures-supplementairesLe style de travail externe implique de créer un réseau afin de trouver les bonnes personnes pour effectuer les tâches nécessaires à l’avancement d’un dossier ou à la réalisation d’un projet. Un style de travail interne consiste à effectuer les tâches soi-même, de la meilleure manière possible.

Les employées au style de travail interne pensent souvent qu’en faisant plus d’heures supplémentaires, en étant plus assidus que tous les autres etc. un supérieur hiérarchique finira par les remarquer et les récompenser avec une promotion. Mais ce sont les personnes au style de travail interne qui sont le plus souvent promues.

#5 Les femmes n’osent pas se mettre en avant

Pour obtenir une promotion ou un projet intéressant, il faut savoir saisir l’occasion au vol et se mettre en avant. Or, les femmes ont appris que si elles se mettent en avant, elles seront rejetées par leurs paires. L’oratrice a donné l’exemple de la cour d’école où les camarades mettent à l’écart celle qui a quelques chose de plus, de différent.  

À côté de la peur d’être rejetées par leurs collègues ou mises à l’écart, il existe une autre raison pour laquelle les femmes ne saisissent pas au vol les opportunités professionnelles qui se présentent sur leur chemin. Elles pensent qu’il faut avoir toutes les compétences avant d’accepter un challenge. Si elles ne remplissent pas une seule des conditions listées sur une fiche de poste, elles vont avoir tendance à ne pas postuler, alors qu’un homme qui correspond à plus de la moitié des critères n’hésitera pas à envoyer son C.V.

L’oratrice a défini la compétence comme

« l’ensemble des expériences, du savoir et des aptitudes d’une personne à agir et réagir dans une situation donnée pour atteindre un objectif défini. »

Dans chaque poste, les techniques, les outils, les méthodes évoluent chaque année.  Pour saisir une opportunité, il faut être capable de démontrer sa capacité à s’adapter à de nouvelles circonstances et à prendre les bonnes décisions. Inutile de maitriser tous les outils et procédures dans les détails.

#6 Les femmes ne sont pas évaluées à la même valeur que les hommes

balance-desequilibreeL’oratrice a raconté une expérience conduite pour la première fois il y a une vingtaine d’années et reconduite récemment, avec sensiblement le même résultat. L’expérience a été dénommée « John et Joanna ». La même candidature a été envoyée à des universités pour une évaluation, mais une fois avec un nom masculin et une fois avec un nom féminin. La candidature féminine a été évaluée avec en moyenne jusqu’à deux points de moins que la candidature masculine.

« C’est comme si les femmes jouaient au foot avec 5 joueurs contre 11 »

en a conclu l’oratrice. Pour remplacer les joueurs manquants, les femmes ont été encouragées à développer des compétences interpersonnelles, construire un réseau, chercher des mentors et mettre en place des « stratégies micro-politiques » au sein de leur organisation (chercher des appuis et les faire jouer au bon moment). Pour cela, il faut au départ reconnaître et accepter que leur compétence est un pré-requis indispensable qui ne suffit cependant pas pour faire carrière. 

#7 Les femmes finissent par avoir une image faussée d’elles-mêmes à cause de leur environnement

Ce point a été illustré par une autre expérience, faite auprès d’un groupe d’enfants. Les enfants aux yeux bleus ont été ignorés par les adultes pendant plusieurs jours. Par exemple, lorsqu’ils parlaient, on leur répondait « ne sois pas si bête », même lorsque ce qu’ils avaient dit était juste. Les enfants aux yeux marron étaient sans cesse considérés, mis en avant et félicités. Au terme de l’expérience, les enfants aux yeux bleus s’étaient complètement renfermés sur eux-mêmes, déstabilisés.

Il en va de même pour les femmes placées dans un environnement professionnel peu égalitaire. Pour se détacher de cette image faussée de soi-même, qui se construit à force de brimades et de petites humiliations,  la seule voie possible, selon l’oratrice, serait de faire de nouvelles expériences. Peut-être en changeant de département, de structure ou de métier ? Mais surtout en modifiant son comportement dans certaines situations, afin d’amener son entourage à changer de regard et d’attitude.

#8 Les femmes n’acceptent pas assez bien l’échec

Les femmes auraient tendances à être abattues pendant une longue période de temps après avoir manqué une opportunité. Les hommes s’en remettraient plus facilement, car ils sont plus résistants au stress, à l’échec et à la concurrence. L’oratrice a révélé le secret pour ne pas se laisser abattre par un échec :

 « Il est plus facile d’accepter l’échec lorsque l’on a des options. »

Il faut donc toujours prévoir un plan B au cas ou l’on n’obtient pas le poste ou le dossier souhaité. Ce plan B peut être d’améliorer ses points faibles et de retenter sa chance une prochaine fois, ou alors de chercher un poste équivalent dans une autre entreprise ou un autre département. À chaque situation son plan B. L’important, c’est d’en avoir un.

Cela aide à ne pas être complètement découragé en cas d’échec. La série House of Cards commence exactement comme cela : le principal protagoniste n’obtient pas le poste qui lui avait été promis. Après quelques heures d’abattement, il lance son plan machiavélique pour atteindre son objectif dans les mois et années à venir.

Que pensez-vous de ces quelques idées ? Trouvez-vous qu’il y a du vrai ?

Pour l’anecdote, j’ai fini dans la presse locale avec une amie fondatrice d’un groupe Facebook pour entrepreneurs francophones résidant en Allemagne, avec laquelle je m’étais rendue à l’événement. Elle tient entre autres un blog en français qui donne plein de bonnes astuces sur la vie en Allemagne. Allez faire un tour sur son blog Noir Rouge Jaune pour en savoir plus !  

article-presse-locale-reseau-femininDisclaimer : les citations sont traduites de l’allemand, elles ne correspondent donc pas toujours exactement aux mots choisis par l’oratrice. J’ai tenté de retranscrire ses propos le plus fidèlement possible.

Glynnis Mélanie

Diplômée d'un master en droit des affaires, j'ai débuté ma carrière en Allemagne, où j'occupe actuellement un poste de management dans l'e-commerce. Je saisis toutes les occasions de me développer professionnellement, sans délaisser mon goût pour la mode et le style. Mon dressing est un mélange de basiques intemporels, grands classiques du vestiaire professionnel, et de pièces extravagantes à la pointe des dernières tendances.

5 Comments
  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi Mélanie, mais j’essaie de lutter pour relancer ma carrière
    passe un très bon début de week end
    bisous

  2. Je suis de la génération X et c’est tout à fait vrai; un grand merci de partager pour en prendre conscience, l’accepter et nous adapter en conséquence !
    Bonne continuation
    Titi

  3. Super article qui m’a en quelques sorte servit de rappel pour les choses que je dois combattre et qui m’empêchent parfois d’avancer professionnellement. Je doit souvent faire face a un manque de confiance en moi, une sous-estimation de mes compétences et un perfectionnisme qui me bouffent mon temps et me font manquer des opportunités de réussite. J’en suis pleinement consciente et j’ai entamer une démarche de remise en question pour me débarrasser de ces défauts qui ont l’effet d’un poids dans mes études de droit. En tout cas merci pour cet article très enrichissant. Je découvre ton blog, et je n’hésiterai pas a y faire quelques tours de temps en temps, il marque mon intérêt.
    Bises 🙂
    Jeanne

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